{"id":3317,"date":"2025-01-30T17:07:48","date_gmt":"2025-01-30T16:07:48","guid":{"rendered":"https:\/\/florideshelvetes.ch\/?post_type=product&#038;p=3317"},"modified":"2025-02-11T12:13:06","modified_gmt":"2025-02-11T11:13:06","slug":"les-aventures-dun-jeune-suisse-en-californie","status":"publish","type":"product","link":"https:\/\/florideshelvetes.ch\/?product=les-aventures-dun-jeune-suisse-en-californie","title":{"rendered":"Les aventures d&rsquo;un jeune Suisse en Californie"},"content":{"rendered":"","protected":false},"excerpt":{"rendered":"","protected":false},"featured_media":2961,"template":"","meta":{"_acf_changed":false},"product_brand":[],"product_cat":[29,20,26],"product_tag":[],"class_list":{"0":"post-3317","1":"product","2":"type-product","3":"status-publish","4":"has-post-thumbnail","6":"product_cat-litterature","7":"product_cat-romande","8":"product_cat-recits","10":"first","11":"instock","12":"shipping-taxable","13":"product-type-simple"},"acf":{"courte_description":"Th\u00e9ophile de Rutt\u00e9 a vingt ans lorsqu'il quitte la Suisse pour Rio de Janeiro, \u00e0 la fin du XIXe si\u00e8cle. Trois ans plus tard, attir\u00e9 par l'aventure, il rejoint la Californie en pleine ru\u00e9e vers l'or. Il y fait la connaissance du g\u00e9n\u00e9ral Sutter (h\u00e9ros de <em>L'or<\/em>, de Blaise Cendrars) dont il gagne l'amiti\u00e9 et qui le recommande pour le poste nouvellement cr\u00e9\u00e9 de consul honoraire pour la Californie et l'Oregon.\r\n\r\n&nbsp;\r\n\r\nDe Rutt\u00e9 est un t\u00e9moin privil\u00e9gi\u00e9 du chaos social de ces ann\u00e9es anarchiques, o\u00f9 ne manquaient de sucro\u00eet ni les tremblements de terre ni les incendies. Apr\u00e8s de multiples p\u00e9rip\u00e9ties, il revient en Europe et s'installe \u00e0 Bordeaux. Au soir de sa vie, il met par \u00e9crit ses souvenirs am\u00e9ricains et nous ouvre une fen\u00eatre sur cette p\u00e9riode si particuli\u00e8re.","nom_auteure":"Th\u00e9ophile de Rutt\u00e9","nom_auteure_2":"","nom_auteure_3":"","nom_traducteurice":"","nom_prefacierere":[3213],"nom_illustrateurice":"","description_tabs":"Fils de pasteur n\u00e9 dans une petite ville de Suisse romande, Th\u00e9ophile de\u00a0Rutt\u00e9 quitte son pays \u00e0 l\u2019\u00e2ge de vingt ans pour aller travailler \u00e0 Rio de Janeiro. Il reste trois ans au Br\u00e9sil, mais son esprit aventureux r\u00eave de participer \u00e0 cette ru\u00e9e vers l\u2019or dont on parle tant. Il s\u2019embarque alors sur un trois-m\u00e2ts et d\u00e9barque six mois plus tard \u00e0 San Francisco o\u00f9, parmi les trappeurs, les chercheurs d\u2019or et les aventuriers de toute esp\u00e8ce, il rencontre le fameux colonel John Sutter, son compatriote, dont Blaise Cendrars immortalisera la m\u00e9moire.\r\n\r\n&nbsp;\r\n\r\nPour l\u2019or, de Rutt\u00e9 arrive trop tard. Toutefois, il comprend rapidement qu\u2019il y a beaucoup \u00e0 gagner avec cette population avide de d\u00e9penser\u2009; il s\u2019installe donc comme n\u00e9gociant importateur. Gr\u00e2ce \u00e0 Sutter et malgr\u00e9 son jeune \u00e2ge, il est nomm\u00e9 consul de Suisse pour la Californie et l\u2019Oregon. Il ouvre une succursale \u00e0 Sacramento et manque de peu de p\u00e9rir noy\u00e9 dans l\u2019inondation de 1850. Apr\u00e8s avoir subi une s\u00e9rie de catastrophes, de Rutt\u00e9 choisit de rentrer en Europe\u2009; il s\u2019y marie et s\u2019installe \u00e0 Bordeaux, o\u00f9 il ouvre une agence d\u2019assurances maritimes.\r\n\r\n&nbsp;\r\n\r\nPubli\u00e9e par Buchet-Chastel en 1979, cette autobiographie est pr\u00e9sent\u00e9e dans cette nouvelle \u00e9dition par Emmanuelle Paccaud, chercheuse \u00e0 l\u2019universit\u00e9 de Lausanne.","Infos":"Auteur : Th\u00e9ophile de Rutt\u00e9\r\nCat\u00e9gorie : litt\u00e9rature romande\r\nDate de publication : 23 juin 2023\r\nLongueur : 240 pages\r\n\r\nISBN\u00a09782940733989\r\n\r\n\u00c9galement en format num\u00e9rique\r\n\r\nPDF\u00a0: ISBN 9782940733996\r\n\r\nEpub\u00a0: ISBN\u00a09782940749003","presse":"<strong><a href=\"http:\/\/culturehebdo.com\/\">Culturehebdo<\/a> - ao\u00fbt 2023<\/strong>\r\n\r\n(...) Le r\u00e9cit est extraordinaire et all\u00e9chant. Voyez d\u00e9j\u00e0 les premi\u00e8res lignes: \"J'habitais \u00e0 Rio depuis trois ans et je commen\u00e7ais \u00e0 me lasser de ce ciel toujours bleu\". Un mec qui s'ennuie devant un ciel bleu, \u00e7a vaut le d\u00e9tour.","extrait":"J\u2019habitais Rio depuis trois ans et je commen\u00e7ais \u00e0 me lasser de ce ciel toujours bleu, de cette nature toujours verte et de cette atmosph\u00e8re toujours chaude.\r\n\r\n&nbsp;\r\n\r\nDepuis longtemps les merveilles des tropiques n\u2019avaient plus rien d\u2019attrayant pour moi. Enfant de la Suisse, je soupirais apr\u00e8s la blanche neige, je regrettais mes sombres montagnes couvertes de sapins et je me souvenais de ces longues soir\u00e9es qui r\u00e9unissaient toute la famille autour d\u2019un bon feu de chemin\u00e9e.\r\n\r\n&nbsp;\r\n\r\nEn un mot, j\u2019\u00e9tais tourment\u00e9 par ce sentiment que les uns appellent le mal du pays, les autres la soif de l\u2019inconnu, et souvent le soir, post\u00e9 sur une \u00e9minence de la praia de Santa Lucia, je me surprenais b\u00e2illant devant le magnifique spectacle du soleil se couchant somptueusement derri\u00e8re les aiguilles de la Sierra des Orgues et caressant de ses derniers rayons la ville avec ses innombrables clochers et la baie avec son archipel d\u2019\u00eeles et d\u2019\u00eelots.\r\n\r\n&nbsp;\r\n\r\nEt cependant y a-t-il au monde quelque chose de comparable \u00e0 la baie de Rio\u2009?\r\n\r\n&nbsp;\r\n\r\nSi vous voulez en avoir une faible id\u00e9e, sortez de la ville par une belle matin\u00e9e du mois de novembre et faites, en vous promenant, l\u2019ascension du Monte Corcovado, le Rigi du Br\u00e9sil.\r\n\r\n&nbsp;\r\n\r\nAvant de poser le pied sur le sommet, fermez les yeux, puis vous tournant vers l\u2019orient, jetez un regard sur l\u2019immensit\u00e9 de l\u2019oc\u00e9an. Calme et r\u00e9servant tra\u00eetreusement ses fureurs pour les mois de l\u2019\u00e9quinoxe, la mer se d\u00e9ploie \u00e0 l\u2019infini, unie comme la surface d\u2019un miroir.\r\n\r\n&nbsp;\r\n\r\n\u00c0 peine si les voiles qui entrent et qui sortent du port sont assez gonfl\u00e9es par la brise molle et ti\u00e8de pour pouvoir franchir la barre. C\u2019est l\u2019air embras\u00e9 des d\u00e9serts de l\u2019Afrique qui a lentement travers\u00e9 l\u2019Oc\u00e9an et qui vient expirer sur les rives du Br\u00e9sil.\r\n\r\n&nbsp;\r\n\r\nLa mouette plane silencieusement dans l\u2019espace et si ce n\u2019\u00e9tait le flux et le remous se brisant incessamment en \u00e9cume blanche contre les rochers de l\u2019\u00eele des Rats, vous vous croiriez suspendu entre deux ciels.\r\n\r\n&nbsp;\r\n\r\nPuis faites un demi-tour \u00e0 gauche. \u00c0 vos pieds se couche, nonchalante comme une cr\u00e9ole, Rio la superbe.\r\n\r\n&nbsp;\r\n\r\nSes hauteurs s\u2019enfoncent mollement dans les plis ondul\u00e9s de la colline de Santa Teresa, couronn\u00e9e d\u2019un vaste couvent et parsem\u00e9e de charmantes villas. Ses pieds se baignent dans l\u2019azur de la baie et tout autour d\u2019elle se groupent, comme une cour de nymphes et de na\u00efades, une multitude d\u2019\u00eeles recouvertes de palmiers et d\u2019orangers.\r\n\r\n&nbsp;\r\n\r\nEn face de la ville se dresse le noir rocher des Serpents, h\u00e9riss\u00e9 de batteries, plus au large le fort Sainte-Catherine et \u00e0 sa droite deux petits forts blanchis \u00e0 la chaux prot\u00e8gent l\u2019entr\u00e9e de ce paradis.\r\n\r\n&nbsp;\r\n\r\nAjoutez \u00e0 ce panorama une for\u00eat de m\u00e2ts pavois\u00e9s des couleurs de toutes les nations du globe\u2009; les chaloupes effil\u00e9es des vaisseaux de guerre qui fendent l\u2019eau en tous sens\u2009; la lourde felouque avec ses immenses voiles latines\u2009; le canot microscopique du n\u00e8gre et la flottille de bateaux \u00e0 vapeur qui communiquent \u00e0 toute heure du jour avec Praia Grande et Santa Domingo, deux villages ou plut\u00f4t une longue s\u00e9rie de villas qui bordent le c\u00f4t\u00e9 oppos\u00e9 de la baie.\r\n\r\n&nbsp;\r\n\r\nAu moyen de la longue-vue que vous n\u2019aurez pas manqu\u00e9 d\u2019apporter dans la poche de votre paletot, vous apercevrez la foule bariol\u00e9e de blancs, d\u2019hommes couleur caf\u00e9 au lait et de noirs qui se coudoient sur la grande place du palais imp\u00e9rial.\r\n\r\n&nbsp;\r\n\r\nVous assisterez du haut de votre observatoire aux man\u0153uvres des navires qui l\u00e8vent l\u2019ancre pour aller louvoyer vers un autre h\u00e9misph\u00e8re et vous verrez carguer les voiles de ceux qui, apr\u00e8s une travers\u00e9e souvent p\u00e9nible, viennent se reposer dans ce d\u00e9licieux refuge.\r\n\r\n&nbsp;\r\n\r\nSi votre \u0153il est bon, vous apercevrez le mul\u00e2tre indolent se balancer au bout d\u2019une vergue, et si votre oreille est fine, vous entendrez bourdonner dans l\u2019air le son des innombrables cloches qui jour et nuit ne cessent d\u2019appeler les fid\u00e8les au culte du Tout-Puissant.\r\n\r\n&nbsp;\r\n\r\nEncore un demi-tour, et le site qui se d\u00e9roule \u00e0 vos regards se transforme en un majestueux panorama, dont aucune sinuosit\u00e9 \u00e0 vingt lieues \u00e0 la ronde ne peut vous \u00e9chapper.\r\n\r\n&nbsp;\r\n\r\nAu premier plan se d\u00e9ploie dans toute sa luxurieuse v\u00e9g\u00e9tation la campagne de Rio parsem\u00e9e de jardins et de somptueuses villas\u2009; au centre vous distinguez par l\u2019\u00e9l\u00e9vation de ses \u00e9difices et l\u2019\u00e9tendue de son parc le palais de Saint-Christophe, r\u00e9sidence d\u2019\u00e9t\u00e9 de la famille imp\u00e9riale, o\u00f9, six mois avant mon d\u00e9part de Rio, j\u2019avais eu l\u2019honneur de parler en personne \u00e0 S. M. Dom Pedro\u00a0II.\r\n\r\n&nbsp;\r\n\r\nPlus loin s\u2019incline la d\u00e9licieuse vall\u00e9e d\u2019Andarahi, limit\u00e9e \u00e0 sa gauche par la montagne de la Fifuca qui cache dans ses flancs fertiles de nombreuses plantations de caf\u00e9. Au fond enfin s\u2019\u00e9lancent les aiguilles de la Sierra des Orgues, dont les pointes effil\u00e9es se confondent avec le bleu du ciel.\r\n\r\n&nbsp;\r\n\r\nQuand vous aurez admir\u00e9 suffisamment ce sublime spectacle, chef-d\u2019\u0153uvre de la cr\u00e9ation, vous vous demanderez sans doute ce qui peut d\u00e9terminer un homme qui jouit de son bon sens \u00e0 quitter cet \u00c9den, lorsque rien ne le force \u00e0 chercher ailleurs un bonheur, que nous ne trouvons au bout du compte qu\u2019en nous-m\u00eames ou au-dessus de nous.\r\n\r\n&nbsp;\r\n\r\nDemandez plut\u00f4t aux dieux de l\u2019Olympe ce qui les d\u00e9terminait \u00e0 d\u00e9serter leur \u00c9lys\u00e9e pour venir se m\u00ealer aux mis\u00e8res de la terre\u2026 demandez \u00e0 la foule des voyageurs ce qui les pousse \u00e0 renoncer aux douceurs du foyer pour courir \u00e0 travers mille p\u00e9rils et fatigues apr\u00e8s une chim\u00e8re\u2009?\r\n\r\n&nbsp;\r\n\r\nTous vous r\u00e9pondront\u2009: l\u2019inconnu\u2009! L\u2019inconnu avec son tr\u00e9sor de myst\u00e8res, son horizon sans limites\u2009!\r\n\r\n&nbsp;\r\n\r\nHeureux cependant le pauvre paysan qui ne conna\u00eet du monde que sa chaumi\u00e8re entour\u00e9e par quelques arpents de terre, qui ne rencontre sur son chemin que des \u00eatres aim\u00e9s, et qui sait que l\u00e0-bas, derri\u00e8re l\u2019\u00e9glise o\u00f9 reposent ses p\u00e8res, ses enfants viendront \u00e0 leur tour se recueillir sur sa tombe.\r\n\r\n&nbsp;\r\n\r\nMais tout enfant on nous apprend que le monde nous appartient. Le premier livre qui nous tombe sous la main est <em>Robinson Cruso\u00e9<\/em> ou <em>Paul et Virginie<\/em>. Le premier bruit qui frappe nos oreilles, c\u2019est le sifflet de la locomotive, et la premi\u00e8re chose qui \u00e9tonne notre imagination, c\u2019est le train qui passe avec la rapidit\u00e9 de l\u2019\u00e9clair.\r\n\r\n&nbsp;\r\n\r\nApr\u00e8s cela, n\u2019est-il pas naturel que l\u2019oiseau, sit\u00f4t qu\u2019il sent ses ailes assez fortes pour le porter au loin, s\u2019envole de son nid\u2009?\r\n\r\n&nbsp;\r\n\r\nMais retournons \u00e0 Rio, dont je ne vous ai montr\u00e9 que le beau c\u00f4t\u00e9. Chaque m\u00e9daille a son revers.\r\n\r\n&nbsp;\r\n\r\nNous venons d\u2019admirer du haut du Corcovado l\u2019oc\u00e9an, la ville, les \u00eeles et la plus belle baie de l\u2019univers.\r\n\r\n&nbsp;\r\n\r\nRedescendons maintenant, et en suivant l\u2019\u00e9troit sentier taill\u00e9 dans l\u2019\u00e9paisseur des bois, nous atteindrons bient\u00f4t le fameux aqueduc construit par Dom Pedro I\u2009; il nous conduira \u00e0 l\u2019ombre des bananiers et des orangers jusqu\u2019au c\u0153ur de la ville.\r\n\r\n&nbsp;\r\n\r\nL\u2019air pur et frais que vous venez de respirer se change subitement en odeur naus\u00e9abonde. Elle provient d\u2019un ignoble m\u00e9lange de d\u00e9tritus qui pourrissent dans les rues \u00e0 l\u2019ardeur du soleil, de la vase abandonn\u00e9e par la mar\u00e9e descendante et par-dessus tout de ces \u00e9manations d\u00e9testables qui s\u2019exhalent du corps de la population noire.\r\n\r\n&nbsp;\r\n\r\nLe soleil qui tant\u00f4t cherchait un timide passage \u00e0 travers l\u2019\u00e9pais feuillage de la for\u00eat vierge darde maintenant sur votre t\u00eate ses rayons de feu, avant-go\u00fbt du purgatoire.\r\n\r\n&nbsp;\r\n\r\nVous vous h\u00e2tez de chercher du soulagement sous le toit qui couvre vos p\u00e9nates. Sur le seuil de la porte vous vous heurtez au portier, vieux n\u00e8gre qui s\u2019amuse \u00e0 pincer trois cordes tendues sur une calebasse, en laissant filer un \u00e0 un par son nez \u00e9pat\u00e9 des sons monotones, variant \u00e0 l\u2019infini entre le mi et le sol. Sur l\u2019escalier vous marchez sur un carapate, vers \u00e0 mille-pattes qui adore la fra\u00eecheur des murs et dont la piq\u00fbre est mortelle. Arriv\u00e9 dans votre chambre, vous voulez vous rafra\u00eechir mais au fond de la carafe vous voyez nager une hideuse b\u00eate noire, le caccerlac, qui communique \u00e0 tout ce qu\u2019il touche une odeur \u00e2cre et insupportable. Vous voulez changer de chaussures, mais avant de glisser le pied dans la botte, vous avez soin de la secouer pour faire d\u00e9guerpir le scorpion ou la petite vip\u00e8re noire qui aurait pu s\u2019y loger pendant votre absence. Enfin vous allumez un cigare et vous vous disposez \u00e0 passer la soir\u00e9e sur le balcon \u00e0 r\u00eaver en poussant des bouff\u00e9es de fum\u00e9e vers ce ciel brod\u00e9 de myriades d\u2019\u00e9tincelantes \u00e9toiles. Illusion\u2009! \u00c0 peine install\u00e9, une arm\u00e9e de moustiques, avide de votre sang, vous entoure, vous assaille et vous d\u00e9vore.\r\n\r\n&nbsp;\r\n\r\nLorsque vous en aurez enfin assez de ce ciel incomparable et de ses moustiques insupportables, vous vous jetterez sur votre lit de sangle et la nuit, plus embras\u00e9e que le jour m\u00eame, vous refusera le sommeil, bien heureux si vous n\u2019\u00eates pas tourment\u00e9 par une foule de petits animaux de tout genre qui n\u2019attendent que ce moment pour chercher leur repas de cannibales. Si Morph\u00e9e finit par avoir piti\u00e9 de vous, vous vous r\u00e9veillez le lendemain matin baign\u00e9 dans votre sueur et affaibli par la perte d\u2019une once de votre bon sang europ\u00e9en. Vous ne pourrez, chaque matin, aller vous r\u00e9conforter dans l\u2019atmosph\u00e8re privil\u00e9gi\u00e9e du sommet du Corcovado, mais vous trouverez chaque soir en ville les terribles ennemis que je viens de mentionner\u2009; mais malgr\u00e9 tout ce que j\u2019en dis, j\u2019ai sans doute eu au Br\u00e9sil autant de moments heureux que j\u2019en eusse trouv\u00e9 partout ailleurs.\r\n\r\n&nbsp;\r\n\r\n\u00c0 cette \u00e9poque je venais d\u2019atteindre ma vingt-troisi\u00e8me ann\u00e9e et \u00e0 cet \u00e2ge on n\u2019est encore ni blas\u00e9 ni d\u00e9sillusionn\u00e9.\r\n\r\n&nbsp;","description-auteur":"Th\u00e9ophile de Rutt\u00e9 (1826-1885), fils de pasteur bernois, a \u00e9migr\u00e9 au Br\u00e9sil avant de rejoindre la Californie, au temps de la ru\u00e9e vers l'or. Il deviendra le premier consul honoraire de Suisse en Californie, sur recommandation du g\u00e9n\u00e9ral Sutter. 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