{"id":3357,"date":"2025-01-31T09:22:38","date_gmt":"2025-01-31T08:22:38","guid":{"rendered":"https:\/\/florideshelvetes.ch\/?post_type=product&#038;p=3357"},"modified":"2025-02-11T15:36:29","modified_gmt":"2025-02-11T14:36:29","slug":"lannee-de-lavalanche","status":"publish","type":"product","link":"https:\/\/florideshelvetes.ch\/?product=lannee-de-lavalanche","title":{"rendered":"L&rsquo;ann\u00e9e de l&rsquo;avalanche"},"content":{"rendered":"","protected":false},"excerpt":{"rendered":"","protected":false},"featured_media":2979,"template":"","meta":{"_acf_changed":false},"product_brand":[],"product_cat":[29,22,25],"product_tag":[],"class_list":{"0":"post-3357","1":"product","2":"type-product","3":"status-publish","4":"has-post-thumbnail","6":"product_cat-litterature","7":"product_cat-italophone","8":"product_cat-romans","10":"first","11":"instock","12":"shipping-taxable","13":"product-type-simple"},"acf":{"courte_description":"<em>L\u2019ann\u00e9e de l\u2019avalanche<\/em> raconte la vie dramatique des habitants d\u2019un village du Haut-Tessin sur lequel plane un danger d\u2019avalanche.\r\n\r\n\u00c0 l\u2019instar de la neige d\u00e9valant les pentes de la montagne, la modernit\u00e9 et les techniques urbaines bouleversent le monde rural et contraignent l\u2019individu au changement.","nom_auteure":"Giovanni Orelli","nom_auteure_2":"","nom_auteure_3":"","nom_traducteurice":[3131],"nom_prefacierere":[3191],"nom_illustrateurice":"","description_tabs":"Un village enneig\u00e9 dans une vall\u00e9e tessinoise isol\u00e9e\u00a0: tout pr\u00e8s d\u2019ici, et en m\u00eame temps comme une cr\u00e8che en dehors du temps. La nature maternelle est stri\u00e9e par de subtiles froissures, troubl\u00e9e par un cr\u00e9pitement \u00e0 peine audible, qui peut devenir effondrement, apocalypse\u00a0: c\u2019est l\u2019avalanche, suspendue comme une mal\u00e9diction au sommet de la montagne. Il faudra quitter ces maisons, \u00e9vacuer les lieux, partir ailleurs. Les gens s\u2019en vont, apr\u00e8s avoir r\u00e9sist\u00e9 le plus longtemps possible\u00a0; ils abandonnent le \u00ab\u00a0bois sacr\u00e9\u00a0\u00bb, les vieux dans les cimeti\u00e8res, le superbe paysage alpestre rendu plus lisse et plus parfait encore par cette neige m\u00eame qui le mine. Le narrateur aussi change d\u2019horizon\u00a0: il go\u00fbte \u00e0 la ville, \u00e0 ses femmes, \u00e0 sa saveur d\u2019acide ph\u00e9nique si diff\u00e9rente de celle de la tendre mousse de la montagne, tout en cherchant \u00e0 \u00e9pancher la secr\u00e8te obsession amoureuse n\u00e9e dans le silence du village, sous la menace constante\u2026\r\n\r\n&nbsp;\r\n\r\n<em>L\u2019ann\u00e9e de l\u2019avalanche <\/em>(1965, prix Charles-Veillon) est consid\u00e9r\u00e9 comme un texte manifestant l\u2019entr\u00e9e de la production litt\u00e9raire du Tessin dans la modernit\u00e9. Cette nouvelle \u00e9dition propose une traduction retravaill\u00e9e du po\u00e8te et traducteur Christian Viredaz\u00a0; elle est accompagn\u00e9e d\u2019une pr\u00e9face de Matteo Giottonini.","Infos":"Auteur : Giovanni Orelli\r\n\r\nTitre original : <em>L'anno della valanga<\/em>\r\nCat\u00e9gorie : litt\u00e9rature italophone\r\nDate de publication : 22 septembre 2022\r\nLongueur : 130 pages\r\n\r\nISBN 9782940733354\r\n\r\n\u00c9galement en format num\u00e9rique\r\n\r\nPDF : ISBN 9782940733361\r\n\r\nEpub: ISBN 9782940733378","presse":"","extrait":"Les pr\u00e9s, les maisons, les plantes et la montagne sont couverts de neige, et un vol de corbeaux indique encore de la neige. Tout en haut d\u2019une maison, juste sous le fa\u00eete, une fen\u00eatre s\u2019ouvre, mais on ne peut pas voir qui c\u2019est, l\u2019antre reste noir. Deux gar\u00e7ons qui passent par l\u00e0 l\u00e8vent les yeux, disent\u2009:\r\n\r\n\u00ab\u2009Qu\u2019est-ce que tu veux\u2009?\u2009\u00bb\r\n\r\n\u00ab\u2009J\u2019ai la neige dans les os, je le savais bien, moi.\u2009\u00bb\r\n\r\n&nbsp;\r\n\r\nLa vieille femme referme la fen\u00eatre. Sous la neige, notre bois a l\u2019air plus dense. De temps en temps, la neige poudreuse qui tranquillement s\u2019accumule sur les branches hautes des sapins et des m\u00e9l\u00e8zes se met \u00e0 peser, et fait plier la branche, puis tombe et entra\u00eene dans sa chute la neige d\u2019autres branches, plus bas, et transforme l\u2019arbre en un nuage blanc. Les branches lib\u00e9r\u00e9es de ce poids oscillent un moment dans l\u2019air et se remettent lentement \u00e0 blanchir \u00e0 cause de la neige qui continue de tomber. Au pied des arbres, entre les troncs, le sol est tout noir. Une fois, derri\u00e8re le second m\u00e9l\u00e8ze, il y avait un loup qui se tenait immobile sur ses jambes \u00e9cart\u00e9es, et qui regardait la neige et le village. Maintenant, sous ma fen\u00eatre, il y a seulement un chat qui avance dans la neige \u00e0 pas circonspects, renifle et s\u2019en va.\r\n\r\nEn bas \u00e0 la cuisine ils me disent que \u00e7a a d\u00fb commencer \u00e0 4\u00a0heures.\r\n\r\n&nbsp;\r\n\r\nJe ne sais pas si c\u2019est le destin qui veut \u00e7a, mais \u00e7a commence toujours \u00e0 4\u00a0heures. La Maria au Serafino, qui se l\u00e8ve toujours \u00e0 cette heure-l\u00e0, sans attendre qu\u2019arrive de la vall\u00e9e le son de l\u2019Ave Maria, a ouvert le contrevent qu\u2019il commen\u00e7ait \u00e0 neigeoter. Alors que les gar\u00e7ons avaient encore le culot de se tourner de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 sous les couvertures, elle, elle menait d\u00e9j\u00e0 ses vaches \u00e0 la fontaine. Je vous dis, le temps qu\u2019elles aillent plonger le museau dans l\u2019eau de la fontaine, et d\u00e9j\u00e0 elles me rentraient \u00e0 l\u2019\u00e9table avec trois bons doigts de neige sur le dos.\r\n\r\n&nbsp;\r\n\r\nPendant la journ\u00e9e aussi, apr\u00e8s 4\u00a0heures, il recommence \u00e0 neiger. Avant 4\u00a0heures, le temps se l\u00e8ve, peut-\u00eatre \u00e0 cause du peu de soleil qu\u2019il y a, bien qu\u2019invisible, au-dessus des bancs de brouillard. Ensuite, \u00e0 l\u2019heure o\u00f9 d\u2019habitude le soleil dispara\u00eet derri\u00e8re la grande montagne, le gris du ciel s\u2019abaisse jusqu\u2019\u00e0 toucher les toits, et il se remet \u00e0 neiger. Peut-\u00eatre que, pendant la nuit, le temps est r\u00e9gi par la loi qui gouverne, \u00e0 ce qu\u2019on dit, le v\u00ealage des vaches\u2009: c\u2019est peut-\u00eatre un effet de la lune, m\u00eame si la lune est invisible au-dessus des \u00e9pais bancs de brouillard\u2009: les paysans surveillent les vaches jusqu\u2019\u00e0 minuit et, si \u00e0 cette heure-l\u00e0 elles n\u2019ont pas encore mis bas, ils peuvent aussi bien s\u2019\u00e9tendre sur la paille pour trois ou quatre heures, le veau na\u00eetra \u00e0 l\u2019aube.\r\n\r\n&nbsp;\r\n\r\n\u00c0 minuit, quand je vais me coucher, la neige aussi arr\u00eate de tomber, on voit seulement le noir du ciel. Le soir, \u00e0 4\u00a0heures, \u00e7a commence avec l\u2019air qui se fait plus doux, ensuite on sent l\u2019odeur du brouillard qui descend le long des toits.\r\n\r\n&nbsp;\r\n\r\nEt puis \u00e7a commence\u2009; au d\u00e9but c\u2019est un gr\u00e9sil qui tombe dru, de petits grains qui ne touchent pas le sol, voltigent \u00e0 toute vitesse et se perdent dans de grands nuages de neige. Des pans des toits, le vent souffle encore de la neige devant les portes d\u2019entr\u00e9e, puis le vent tombe.\r\n\r\n&nbsp;\r\n\r\nQuand le vent tombe, l\u2019air est comme vide d\u2019air, mais \u00e7a dure peu\u2009: le vide recommence \u00e0 se remplir d\u2019air, immobile, et de flocons de neige qui descendent verticalement et calmes, dans l\u2019air qui sent bon la neige. Il y en a qui regardent la premi\u00e8re neige sans haine ou craintes depuis le seuil de leur maison, ou bien d\u2019en haut un escalier de pierre ou de derri\u00e8re les carreaux d\u2019une fen\u00eatre, en \u00e9cartant un voilage, ou \u00e0 l\u2019abri d\u2019un avant-toit.\r\n\r\n&nbsp;\r\n\r\nLa neige tombe sur la neige avec un bruissement subtil. Au bout de quelques jours, il y a seulement cette neige qui tombe.\r\n\r\nElle est si l\u00e9g\u00e8re, compacte, froide et s\u00e8che qu\u2019elle \u00e9touffe tous les bruits. La couche cro\u00eet en silence\u2009; mais si on passe et qu\u2019on s\u2019arr\u00eate de penser, pr\u00e8s d\u2019un des courts talus de chaque c\u00f4t\u00e9 de la route, comme m\u00eame cette l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 se met \u00e0 peser, il arrive qu\u2019on per\u00e7oive un l\u00e9ger affaissement dans la neige, une couche sup\u00e9rieure qui s\u2019installe sur la couche de dessous, plus solide d\u00e9j\u00e0, et apte \u00e0 son tour \u00e0 supporter une nouvelle couche d\u2019air et de neige, et \u00e0 appuyer toujours plus sur celle de dessous, comme par une volont\u00e9 immanente de devenir glace\u2009: de couche en couche, imperceptiblement toujours plus hautes, toujours plus compactes, disparaissent les signes des sentiers, les limites, les haies entre les pr\u00e9s, les bornes de pierre ou de bois qui indiquent ce qui est \u00e0 moi, \u00e0 toi, \u00e0 lui, au seuil des propri\u00e9t\u00e9s, le souvenir du centim\u00e8tre de terre vol\u00e9e, les cicatrices des partages litigieux des ans et des gens du pass\u00e9, les croix des campagnes qui disent une pri\u00e8re \u00e0 Dieu, tout.\r\n\r\n&nbsp;\r\n\r\nD\u2019heure en heure, de jour en jour, la neige monte, ce sont des cristaux sans poids qui se fondent et qui s\u2019\u00e9l\u00e8vent vers le rebord des fen\u00eatres les plus basses. Le tas monte comme une haie, une muraille, obscurcit les cuisines.\r\n\r\nSi je passe devant la fen\u00eatre de la Vanda, je regarde toujours si elle est l\u00e0, derri\u00e8re les carreaux. J\u2019esp\u00e8re toujours. L\u2019\u00e9vier est juste devant la fen\u00eatre, ou bien elle se peigne les cheveux \u00e0 la lumi\u00e8re du jour, en soulevant les bras et en renversant un peu la t\u00eate en arri\u00e8re.\r\n\r\nApr\u00e8s toute la neige qui est tomb\u00e9e ces nuits, on voit seulement l\u2019extr\u00e9mit\u00e9 sup\u00e9rieure de la fen\u00eatre. Je ne peux plus parler \u00e0 la Vanda, \u00e0 travers la vitre, avec les mains.\r\n\r\nLorsque je vais me coucher, la neige a effac\u00e9 toutes les traces de la journ\u00e9e sur la route.\r\n\r\nQuand on rencontre tel ou tel du village, on se dit toujours les m\u00eames choses, qu\u2019il neige, qu\u2019il tombe de la neige, qu\u2019il en descend \u00e0 pleines brass\u00e9es, qu\u2019il neige des seilles, que \u00e7a s\u2019accumule, que \u00e7a monte, que \u00e7a augmente, que \u00e7a n\u2019a pas l\u2019air de vouloir s\u2019arr\u00eater, que si seulement c\u2019\u00e9tait du sucre, ou au moins du s\u00e9r\u00e9, que si on pouvait s\u2019enfermer comme les marmottes, les taupes, que celui qui a invent\u00e9 ce pays\u2009: comme au moment des pluies, mais avec beaucoup moins d\u2019insistance, on se dit l\u2019un \u00e0 l\u2019autre que \u00e7a mouille, en juillet qu\u2019en attendant le foin s\u00e8che, en automne qu\u2019on fait aller. Histoire de dire quelque chose, avant ou apr\u00e8s de se saluer.\r\n\r\n&nbsp;","description-auteur":"Po\u00e8te et \u00e9crivain tessinois, Giovanni Orelli (1928-2016) privil\u00e9giait le dialecte de sa r\u00e9gion, contribuant au passage \u00e0 faire entrer la litt\u00e9rature tessinoise dans la modernit\u00e9. 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