{"id":3363,"date":"2025-01-31T09:28:24","date_gmt":"2025-01-31T08:28:24","guid":{"rendered":"https:\/\/florideshelvetes.ch\/?post_type=product&#038;p=3363"},"modified":"2025-02-11T16:14:29","modified_gmt":"2025-02-11T15:14:29","slug":"hermine-blanche-et-autres-nouvelles","status":"publish","type":"product","link":"https:\/\/florideshelvetes.ch\/?product=hermine-blanche-et-autres-nouvelles","title":{"rendered":"Hermine Blanche et autres nouvelles"},"content":{"rendered":"","protected":false},"excerpt":{"rendered":"","protected":false},"featured_media":2984,"template":"","meta":{"_acf_changed":false},"product_brand":[],"product_cat":[64,29,20],"product_tag":[],"class_list":{"0":"post-3363","1":"product","2":"type-product","3":"status-publish","4":"has-post-thumbnail","6":"product_cat-nouvelles-et-chroniques","7":"product_cat-litterature","8":"product_cat-romande","10":"first","11":"instock","12":"shipping-taxable","13":"product-type-simple"},"acf":{"courte_description":"Cet ensemble de textes, nouvelles br\u00e8ves, discours ou monologues, m\u00eale humour noir et ironie avec intelligence et cr\u00e9ativit\u00e9 et confirme la singularit\u00e9 de l\u2019\u00e9criture et la vision onirique de No\u00eblle Revaz, auteure du tr\u00e8s remarqu\u00e9 <em>Rapport aux b\u00eates<\/em> (Gallimard, 2002).","nom_auteure":"No\u00eblle Revaz","nom_auteure_2":"","nom_auteure_3":"","nom_traducteurice":"","nom_prefacierere":[3181],"nom_illustrateurice":"","description_tabs":"Un chauffeur de bus \u00e0 la recherche d\u2019une solution radicale pour se d\u00e9barrasser d\u2019un passager qui le g\u00eane, des enfants livr\u00e9s \u00e0 eux-m\u00eames dans un orphelinat, des amoureux transis, une femme-objet, un petit gar\u00e7on dont toutes les s\u0153urs s\u2019appellent Marie, ou encore une fillette qui laisse s\u2019\u00e9chapper son esprit-hermine blanche\u2026 En vingt-neuf nouvelles et autant d\u2019atmosph\u00e8res et de personnages, No\u00eblle Revaz d\u00e9cortique les moments charni\u00e8res de l\u2019existence, que son \u0153il ironique transforme avec humour en contes d\u00e9licatement ac\u00e9r\u00e9s.\r\n\r\n&nbsp;\r\n\r\nPubli\u00e9s dans la collection \u00ab\u00a0Blanche\u00a0\u00bb de Gallimard en 2017, ces textes au ton extr\u00eamement vari\u00e9 d\u00e9montrent toute la singularit\u00e9 de l\u2019\u00e9criture et de la vision de leur auteure. Ils sont introduits ici par une pr\u00e9face in\u00e9dite de l\u2019\u00e9crivain Ivan Farron.\r\n\r\n&nbsp;","Infos":"Auteure : No\u00eblle Revaz\r\nCat\u00e9gorie : litt\u00e9rature romande\r\nDate de publication : 266 mai 2023\r\nLongueur : 240 pages\r\n\r\nISBN\u00a09782940733965","presse":"","extrait":"<em>Extrait de \u00ab\u00a0Dans la ville\u00a0\u00bb<\/em>\r\n\r\n&nbsp;\r\n\r\nOn l\u2019avait vue sur les escaliers. Sa silhouette avait boug\u00e9 et on avait vu qu\u2019elle se tenait debout sur les escaliers. Elle portait quelque chose de sombre. En tous les cas on l\u2019avait mal distingu\u00e9e. Mais elle avait remu\u00e9 et on avait vu qu\u2019elle portait \u00e0 son bras un sac. Son bras s\u2019\u00e9tait lev\u00e9 et elle avait pass\u00e9 sa main sur sa bouche. Ou sur sa joue, personne n\u2019avait regard\u00e9. \u00c0 ce point on l\u2019aurait perdue de vue et elle se serait fondue dans la foule du march\u00e9. On l\u2019avait revue dans la rue. On ne pouvait dire la rue. Elle \u00e9tait dans une rue. Son teint \u00e9tait p\u00e2le, cern\u00e9. Ses gestes \u00e9taient impr\u00e9cis et il \u00e9tait clair qu\u2019il s\u2019agissait de gestes pour donner le change. Des gestes pour dire tout va bien\u2009; je vaque \u00e0 mes commissions. Des gestes comme si elle marchait n\u2019importe quel jour dans la ville. Pour n\u2019importe quelle raison. Elle \u00e9tait sur la place. Elle \u00e9tait assise sur une chaise quand les terrasses \u00e9taient ouvertes et quand il n\u2019y avait pas de pluie. Elle avan\u00e7ait le long des murs. Elle \u00e9tait vue dans les files aux caisses des supermarch\u00e9s. Elle attendait aux feux rouges. Elle traversait aux feux verts. Elle faisait un signe aux voitures qui la laissaient traverser. Son sac recelait des bo\u00eetes. Bo\u00eetes en carton, bo\u00eetes en fer. Des bouteilles en verre ou en PET. Des feuilles vertes ou des panaches de poireaux pouvaient chapeauter son sac. On avait vu comment bras charg\u00e9s elle n\u2019avait pu prendre son mouchoir et comment elle avait renifl\u00e9 toute la rue jusqu\u2019\u00e0 sa maison. On avait aussi d\u00fb remarquer que son reniflement \u00e9tait faible, \u00e0 cause du chemin brillant entre sa bouche et son nez. On l\u2019avait revue sur les escaliers. Elle \u00e9tait debout et elle tournait fr\u00e9quemment la t\u00eate. Elle regardait sur la droite, elle regardait sur la gauche. Elle avait regard\u00e9 quatorze fois derri\u00e8re elle, comme si quelqu\u2019un devait arriver. Elle avait rajust\u00e9 son blouson. Elle avait peut-\u00eatre encore lev\u00e9 la main pour arranger ses cheveux avant de descendre au march\u00e9. Mais on ne pouvait pas le dire. Personne n\u2019avait regard\u00e9 et on avait mal distingu\u00e9. Elle marchait parmi les \u00e9tals en faisant semblant de s\u2019int\u00e9resser. On l\u2019avait entendue s\u2019enqu\u00e9rir du prix de certains produits frais. On l\u2019avait vue se pencher et toucher du doigt un l\u00e9gume. Les sourcils du mara\u00eecher avaient sembl\u00e9 se plisser et le l\u00e9gume avait \u00e9t\u00e9 achet\u00e9. On avait vu le l\u00e9gume pourrir au bas de son frigo, jour par jour, se racornir, brunir, puer, et on l\u2019avait vu dispara\u00eetre dans les m\u00e2choires du camion des poubelles, emball\u00e9 dans un sac \u00e0 ordures. La ville avait \u00e9t\u00e9 rouge dans le feu du couchant. On l\u2019avait vue sur d\u2019autres escaliers. Elle avait \u00e9t\u00e9 dans des bars. Elle avait parl\u00e9 \u00e0 des gens connus ou non dans cette ville. On l\u2019avait vue \u00e0 la piscine. Elle avait pris le soleil puis son corps avait \u00e9t\u00e9 jusqu\u2019aux aisselles immerg\u00e9. Elle n\u2019avait s\u00fbrement pas nag\u00e9. En tous les cas, au dire du ma\u00eetre-nageur, il semblait que ses pieds \u00e9taient rest\u00e9s \u00e0 plat sur le fond. Le ma\u00eetre-nageur maigrelet. Ses \u00e9paules n\u2019avaient pas la carrure d\u2019un ma\u00eetre-nageur. On avait vu ces \u00e9paules un soir devant un dos nu et un autre soir dans une chaise longue.\r\n\r\n&nbsp;\r\n\r\nUn homme se mit \u00e0 parler. Il avait \u00e9t\u00e9 derri\u00e8re une vitre. Il avait souhait\u00e9 regarder le soleil levant. Il avait devant lui ces toits qu\u2019on voit d\u2019un septi\u00e8me \u00e9tage. Il y avait \u00e0 l\u2019horizon une couronne de nuages. Il y avait une chemin\u00e9e. Il n\u2019y avait pas de chants d\u2019oiseaux. Il avait vu depuis sa vitre l\u2019int\u00e9rieur d\u2019un appartement. Son \u0153il s\u2019\u00e9tait promen\u00e9 et il \u00e9tait entr\u00e9 dans la vitre d\u2019en face. La vitre d\u2019en face \u00e9tait grise. Il y avait des traces de pluie, des traces de poussi\u00e8re et d\u2019oiseaux. L\u2019homme \u00e0 travers les vitres l\u2019avait vue. Elle se tenait sur un fauteuil. Non, on ne pouvait pas dire qu\u2019elle \u00e9tait tout \u00e0 fait assise. On aurait d\u00fb dire \u00e0 genoux. Oui contre un dossier \u00e0 genoux et on se tenait derri\u00e8re elle. Il semblait que derri\u00e8re elle on ne soit pas demeur\u00e9 tout \u00e0 fait calme et qu\u2019il y ait eu des mouvements des bras et des mains. Mais \u00e0 ce stade l\u2019homme qui \u00e9tait derri\u00e8re sa vitre avait cess\u00e9 de voir le soleil et il avait baiss\u00e9 ses stores. Peut-\u00eatre parce qu\u2019il \u00e9tait l\u2019heure d\u2019accueillir la femme de m\u00e9nage. Parce qu\u2019il en avait peut-\u00eatre assez. Peut-\u00eatre parce que le soleil n\u2019\u00e9tait plus levant mais bien install\u00e9, ou parce qu\u2019il avait vu, avant que le store soit baiss\u00e9, que certaines parties de sa peau sur son corps \u00e9taient d\u00e9couvertes. Avait-il regard\u00e9 entre les lames du store, il ne pouvait le garantir, mais il pouvait encore raconter ce qui s\u2019\u00e9tait un peu pass\u00e9. Comment les mains disparaissaient et apparaissaient sur son jean. Comment sa bouche \u00e9tait ouverte. Comment on pouvait voir ses dents et comment sa langue un tout petit peu sortait de temps en temps sur ses l\u00e8vres. Comment elle fermait ses yeux. Oui l\u2019homme surtout pouvait dire comment elle avait ferm\u00e9 les yeux. Pas comme on prie. Pas comme on dort, ni comme on s\u2019effraie. Elle avait ferm\u00e9 les yeux comme on se tient sur un fauteuil \u00e0 genoux la t\u00eate appuy\u00e9e au dossier, la taille cambr\u00e9e et les jambes un peu \u00e9cart\u00e9es. Les langues se d\u00e9li\u00e8rent et on dit que la premi\u00e8re fois sur l\u2019escalier avait boug\u00e9 une silhouette \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de sa silhouette, comme deux rats dans la nuit. Sauf que c\u2019\u00e9tait le plein jour et sauf que le soleil brillait et que midi avait sonn\u00e9 inflexiblement \u00e0 la cath\u00e9drale. On dit qu\u2019on avait vu en plein jour \u00e0 ses c\u00f4t\u00e9s une personne qui lui \u00e9tait apparue \u00e9trangement reli\u00e9e. Que pourtant elle ne touchait pas. Qui \u00e9voluait pourtant \u00e0 trente ou quarante centim\u00e8tres d\u2019elle. Dont pourtant on n\u2019avait pu voir aucun geste de proximit\u00e9. On dit aussi que cette personne \u00e9tait de race masculine, mais \u00e0 ce stade les bouches ne voulurent plus parler et on ne la vit pas passer durant une certaine p\u00e9riode dans la rue. On ne regardait pas si elle marchait. On ne voyait pas ce qu\u2019elle faisait ni ce que ses sacs recelaient. Si son teint \u00e9tait p\u00e2le et d\u00e9fait ou ses yeux perdus dans leurs cernes. On ne faisait pas attention si elle guettait sur les escaliers. Si une silhouette bougeait ou non. Si un bras se levait. On la laissait un peu tranquille et il y avait quantit\u00e9 d\u2019autres choses \u00e0 voir et \u00e0 regarder. Le trafic en train de couler. Les nuages en train de passer. Le mara\u00eecher en train de d\u00e9monter sa tente. Des l\u00e9gumes en train de joncher les pav\u00e9s et la cath\u00e9drale en train de sonner toutes les heures.\r\n\r\n&nbsp;\r\n\r\n&nbsp;","description-auteur":"No\u00eblle Revaz (1968-...) est une \u00e9crivaine suisse de langue fran\u00e7aise, auteure de romans, de r\u00e9cits et de nouvelles ainsi que de nombreuses chroniques pour la radio. 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